
Pour le premier billet de ce nouveau blog dédié au théâtre et arts visuels contemporains, il fallait un spectacle réjouissant. James Thiérrée crée, avec ce troisième opus, une odyssée onirique vibrante brillamment orchestrée entre cirque, théâtre, danse et musique.
Poète et musicien doté du pouvoir de charmer les bêtes féroces et les objets inanimés, Orphée brave les dieux par amour afin de ramener son épouse du pays des morts. Cette tragédie de la mythologie grecque constitue le point de départ de ce nouveau spectacle du poète James Thiérrée. Au public revient l’agréable tâche de reconstituer la trame narrative ténue de ce conte, composée comme un puzzle de souvenirs.
Mais cette histoire sans parole « d’une histoire (d’une histoire d’une histoire d’une histoire) qui ne se raconte pas… », comme se plaît à la décrire le jeune metteur en scène-comédien, n’est que le prétexte à un voyage dans l’essence même du théâtre. Les personnages s’empêtrent dans un manège gigantesque de cordes volantes, sont emportés par des machines incontrôlables, avalés par des poissons géants ou entravés par des corps capricieux. Et c’est le public qui est pris à témoin de ces drames absurdes. Preuve que le théâtre, monde du possible, représente l’humanité dans ses aspirations.
Une virtuosité scénique au service d’un quotidien sublimé
S’il finit par pleuvoir des étoiles sous un chapiteau géant, l’imaginaire d’Au revoir, parapluie prend sa source dans des tranches de vie quotidienne : enfiler une veste qui tente de s’échapper, écouter son cœur réfugié dans le genou ou s’asseoir sur une chaise déglinguée… Et c’est sans doute là l’immense talent de James Thiérrée. Faire de l’imaginaire le salut de notre condition humaine.
Après La Symphonie du Hanneton, spectacle aux quatre Molières, et La Veillée des Abysses, le virtuose petit-fils de Chaplin signe ici un spectacle un peu moins rythmé que les précédents opus. Mais toujours réussi, au point exact d’équilibre entre les différents arts de la scène. Pour cet épisode, James Thiérrée a rassemblé autour de lui quatre circassiens, danseurs et musiciens aussi polyvalents que talentueux. Viennent s’ajouter une scénographie efficace et des costumes magnifiques signés par Victoria Thiérrée, la mère de James. Un conte réjouissant et troublant.
Spectacle de James Thiérrée avec Kaori Ito, Magnus Jakobsson, Satchie Noro, Maria Sendrow et James Thiérrée. Du 16 au 30 mai au Théâtre de la Ville à Paris.
Un spectacle magnifique du début à la fin !
James T. nous fait voyager dans son imaginaire et ses rêves agités. On ne s’ennuie jamais. On passe d’un rêve à l’autre bercé par une poésie pleine de folie. C’est beau, très beau.
D.
Enchanté
J’ai aussi beaucoup aimé la musique… Comment je pourrais faire pour savoir les titres de la “bande son” ?
Merci de votre aide.
Enchanté tout pareil.
J’ai cherché sur internet les morceaux qui sont joués sur Au revoir mais je ne les ai pas trouvés. Je ne desespère pas et vous tiens au courant dès que j’ai du neuf. En attendant, bon théâtre.
J’ai croisé James Thiérrée lors de Sombrero de Découflé. Je me suis permis de lui demander où on pouvait trouver ces infos : d’après lui, aucune info sur la bande son n’est disponible sur le web, tout est dans sa tête.
J’ai vu ce spectacle récemment et je dois dire que c’était tout simplement magnifique! Je ne pense pas avoir déjà vu plus beau spectacle!
Dès le début, on est emporté par cet univers magique! J’ai été fasciné par les décors (l’idée des cordes est d’ailleur géniale!), la mise en scène, la musique, les chorégraphies, …tout quoi! ^^
Un spectacle qui nous émeut, nous fait rire mais avant tout, nous fantasme!
Je ne connaissais pas James Thierrée avant de voir ce spectacle, il m’a vraiment épaté! ^^
Quelle poésie…, je n’oublierais jamais ce jour…
Bonjour !
J’ai eu la chance de rencontrer James Thiérrée car il a présenté son premier court-métrage “Les illusions” au festival de Clermont-Ferrand 2008.
C’était un adieu à son premier spectacle “La symphonie du hanneton” d’une durée d’environ 30 min.
J’ai reconnu une musique dans “La veillée des abysses”, lorsque les comédiens sont dans les airs sur une petite barque maintenu par des filons. C’est la chanson 5 de la BO de “Dead man” et il me semble que l’une d’entre elles a également été utilisée pour “Au revoir parapluie”
Voilà, pour ma part je recherche le thème principal de “La veillée des abysses” (au tout début et à la fin) et l’air de piano très beau sur lequel James utilise un fauteuil à bascule à des fins acrobatiques…
Quel type de blogue êtes-vous? Voici la typologie:
http://ysengrimus.wordpress.com/2009/07/15/typologie-des-carnets-blogues-electroniques/
Bon lancement.
Paul Laurendeau